07.07.2010
L'Europe au pouvoir
La Coupe du Monde en Afrique du Sud avait fait naître de nombreux espoirs d’une victoire d’un pays africain. Sur «leur» sol, les équipes africaines pouvaient réaliser l’exploit. En dehors du pays hôte, auquel personne ne croyait vraiment, le Cameroun de Samuel Eto’o, l’Algérie de Karim Ziani ou encore la Côte-d’Ivoire de Didier Drogba faisaient figure d’épouvantail. C’est finalement le Ghana des champions du monde des moins de 20 ans qui a entretenu la flamme de l’exploit. Mais, au final, les équipes nationales africaines ont montré leurs limites, tant dans le jeu qu’en termes d’organisation, d’ambiance ou, tout simplement, de moyens financiers.
Si ce ne pas l’un…ce n’est pas l’autre non plus!
La débâcle africaine a permis aux Sud-Américains de tenir leur rang avec pas moins de 4 représentants au stade des quarts-de-finale (Uruguay, Argentine, Brésil et Paraguay). Las, une seule équipe s’est qualifiée dans le dernier carré avec une grosse désillusion en prime pour les Argentins étrillés 4-0 par les Allemands et, dans une moindre mesure, pour les Brésiliens qui ont renoncé à un projet de jeu basé sur l’attaque.
Finalement, ce sont les Européens qui renforcent leur domination sur le monde du ballon rond. On le savait s’agissant des clubs, puisque les championnats européens attirent tous les meilleurs joueurs de la planète et cannibalisent la grande majorité des capitaux. La tendance se confirme avec 3 équipes du Vieux Continent en demi-finales et une finale qui s'annonce 100% européenne. De surcroît, l’Italie vieillissante et la France indigente – les derniers finalistes de 2006 – ont été éclipsés par les inoxydables Allemands, les talentueux Hollandais et les bouillonnants Espagnols. Si on ajoute à ce constat, l’absence des Anglais qui peuvent à tout moment crever le «plafond de verre» de la victoire, l’armada européenne est sans limite et doté d’un réservoir impressionnant.
On pourrait être déçu de cet état de fait, néanmoins le projet de jeu et la fraîcheur des équipes européennes encore présentes nous ont franchement rabiboché avec une Coupe du monde qui ne restera pas – sauf surprise – dans les mémoires.
Vivement la Coupe du monde 2014 au Brésil!
Erwan Poiraud
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01.07.2010
L'arrogance rock des Néerlandais
«Les Pays-Bas gagnent en méprisant complément leurs adversaires. A la néerlandaise. Rien à foutre de la manière, rien à foutre de ce qu'on va dire sur eux. Dans leur attitude, il y a un côté «on n'est pas là pour bien jouer ou célébrer la fête du sport, mais on est là pour gagner.» Et d'une certaine façon, ils me plaisent bien. Ils me font penser aux groupes de rock que j'aime voir évoluer sur scène. J'aime les groupes qui jouent une heure tout droit, sans fioriture, sans décor ou costume à la con et qui ne passent pas leur temps à obliger le public à taper dans ses mains. Les Néerlandais jouent carré, ils disent bonjour et bonsoir et puis ils se cassent. Tant pis si les gens trouvent ça trop carré. Excusez-les d'être méprisant, mais ils mettent leurs deux buts contre la Slovaquie et après ils ont bien le droit de se reposer en prévision de leur quart de finale contre le Brésil. D'ailleurs, je vois bien les Pays-Bas passer et affronter l'Argentine en finale.»
Thomas Boulard, leader du groupe Luke
12:35 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pays bas, thomas boulard, néerlandais
26.06.2010
Le foot, résident de la République

Le Président de la République a décrété hier qu’il fallait organiser des Etats généraux du football au plus vite. Il a bousculé son agenda pour recevoir au plus vite Thierry Henry à l’Elysée. L’information est tout de même surréaliste. Alors que l’on dénonce l’insolence, l’outrecuidance, ou l’inconscience de nos «milliardaires» de footballeurs, le plus haut sommet de l’Etat leur confère encore une autre forme d’importance : une importance politique en leur reconnaissant le fait d’avoir été dépositaire de l’honneur de la France. Ils étaient déjà consacrés people, figures du marketing et de la marchandisation du sport, Les voilà «ambassadeurs » du pays. Ambassadeurs rappelés d’urgence d’ailleurs.
On espère que l’aménagement de l’agenda du Président ne s’est pas totalement fait au détriment d’autres sujets d’Etat plus importants. L’honneur de la France est en jeu, on l’aura compris. Il ne faudrait toutefois pas oublier que le seul honneur qui a été bafoué dans cette affaire, c’est d’abord celui des protagonistes (fédération, encadrement, joueurs). Celui, de la France repose, il faut le souhaiter, sur d’autres fondements (les principes républicains, les droits universels, non?).
Du coup, on est en droit de s’interroger sur le fait de continuer à dénoncer les dérives de jeunes professionnels ayant grandi trop vite dans le «respect» de règles qui leur sont propres, et de leur accorder un niveau d’audience. Une fois de plus, on perd le sens de la mesure. A moins que… A moins que nous ayons tablé avant la Coupe du monde sur une victoire de la France pour relancer l’économie française et affermir le moral des Français. Oubliant du même coup que ce n’était que du sport, et que son histoire, notamment celle du football, recèle un nombre infini de retournements de tendance.
Le regretté Alain Baschung n’a pourtant pas manqué de nous mettre en garde dans l’un de ses derniers opus:
« Un jour je t’aimerai moins, jusqu’au jour où je ne t’aimerai plus…
Un jour je sourirai moins, jusqu’au jour où je ne sourirai plus…
Un jour je parlerai moins, jusqu’au jour où je ne parlerai plus…
Un jour je courrai moins, jusqu’au jour où je ne courrai plus*… »
*Extrait de « Président, résident de la République » Album Bleu pétrole
Erwan Poiraud
12:27 | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note















